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Grands
et merveilleux sont les vêtements de l'Eveil
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Sans
forme, et pourtant recouvrant toutes choses;
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Je
déplie ainsi l'enseignement du Bouddha
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Pour
sauver tous les êtres
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Dans les
premiers temps de la Sangha du Bouddha, moines et nonnes portaient des
vêtements qui ne les différenciaient pas des autres religieux; d'après
les textes du Vinaya, ce fut le Roi Bimbisara qui demanda au Bouddha que
soit confectionné un vêtement particulier afin de les reconnaître. Le
Bouddha devait alors se rendre dans le sud pour enseigner avec Ananda.
En chemin, il remarqua une rizière divisée par des digues. Il demanda
à Ananda de se servir de ce modèle pour créer le nouveau vêtement de la
Sangha. D'où le nom : "Habit de la rizière bienheureuse" , parce qu'il
apporte infiniment de bonheur et de bien, grâce au développement de la
bienveillance et de la compassion bouddhistes - comme la rizière produit
sans fin du riz, apportant la prospérité matérielle.
"Les
habits du commun font croître les désirs - mais l'habit du Bouddha,
celui de l'Eveillé les déracine".
Maître Dogen.
C'est :
" Fukuden-e", l'habit du bonheur. C'est aussi "Mu soo", l'habit "sans
forme", parce qu'il est cousu par une personne " sans forme" - c'est à
dire " sans ego", avec un tissu "sans forme" - au départ, cet habit, Okesa
en japonais, était fait de tissus mis au rebut, salis ou abimés, "sans
forme" parce qu'il est porté par un moine "sans signe distinctif", au
cœur libre de tout attachement et de toute erreur.
Le Okesa
devint l'emblème du moine bouddhiste, un des rares objets qu'il pouvait
posséder en propre, avec son bol. Le moine Zen possédait trois Okesas
l'un à neuf bandes, un à sept bandes, et un à cinq bandes : c'est ce dernier
qui, diminué, est devenu le vêtement du laïc bouddhiste.
"Okesa"
vient du sanscrit " Kasaya" qui signifie couleur fanée, couleur terre.
Les cinq bandes du rakusu sont enserrées dans un cadre, et des bretelles
elles permettent de le porter autour du elles sont jointes par une pièce
de tissu "maneki" sur laquelle est brodée la stylisation d'une aiguille
de pin. A l'envers, sur la soie blanche est inscrit le nom bouddhiste
du disciple, et est apposé le sceau du Maître.
" Le
Okesa est ce que vénèrent tous les Eveillés, ce en quoi ils croient.
Il est le corps du Bouddha, le cœur du Bouddha. On l'appelle l'habit
de délivrance, la rizière bienheureuse, l'habit sans forme, l'habit
du Tathagata, l'habit d'Anuttarak Samyak Sambodhi (l 'Eveil complet,
parfait et sans égal).''
Maître
Dogen
( Kesa kudoku)
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Cela signifie d'abord un début: l'Entrée dans la Voie. On ne reçoit pas
un rakusu parce que l'on sait quelque chose, mais parce qu'on désire apprendre.
On a peut-être auparavant pratiqué d'autres voies, avec d'autres Maîtres
mais nous pensons maintenant que la Voie du Bouddha est juste, et que
nous désirons l'approfondir avec un enseignant particulier: en recevant
un rakusu, nous créons un lien karmique qui nous permettra de pénétrer
plus profondément la Doctrine. Parce que notre pratique est une pratique
concrète, nous la mettons en acte en prenant cet engagement devant le
Maître et la communauté. Par cette cérémonie, nous affirmons notre décision.
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JE PRENDS
REFUGE DANS LE BOUDHA
JE PRENDS REFUGE DANS LE DHARMA
JE PRENDS REFUGE DANS LA SANGHA.
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La prise de refuge en français, en pali et
en japonais
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BUDDHAM
SARANAM GACHAMI
DHAMMAN SARANAM GACHAMI
SANGHAM SARANAM GACHAMI
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Namu
ki e Butsu
Namu ki e IIo
Namu ki e So
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Au temps du Bouddha, il suffisait de répéter cette formule trois fois
devant la Sangha pour devenir moine. Nous la répéterons au cours de la
cérémonie. Que signifie "prendre refuge"? C'est d'abord avoir confiance.
Confiance dans les Enseignements du Bouddha, et dans le Maître. C'est
redevenir un enfant prêt à apprendre et à se laisser guider. Nous nous
abandonnons, nous nous ouvrons au Dharma. Acceptant notre ignorance, nous
rejoignons la Sangha, ceux qui marchent dans la Voie du Bouddha.
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"Tout
le mal que j'ai commis,
A pour cause l'avidité, la haine et l'illusion sans origine
Je me repens maintenant de tout mon cœur,
De tout le mal commis à travers mon corps, mes paroles et mon esprit."
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Ceci est la confession qui est récitée pendant la cérémonie. Puis nous
recevons les préceptes. Ce ne sont pas des interdictions, mais plutôt
des aides pour que nous ayons des points de repère pour avancer dans la
Voie que nous venons de choisir. Maître Dogen dit: " Si nous voulons aller
vers le Nord, nous ne devons pas tourner notre barque vers le Sud." de
la même façon, si nous voulons suivre la Voie du Bouddha, nous devons
rechercher une vie simple et pure.
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- Respecter
la vie. Ne pas tuer.
- Ne pas
prendre ce qui n'est pas donné.
- Ne pas
avoir une vie sexuelle qui ne respecte pas les autres.
- Dire
la vérité.
- Eviter
boissons ou aliments intoxicants.
- Garder
le silence sur les erreurs des autres.
- Etre
assez humble pour reconnaître et dire les mérites des autres.
- Combattre
l'avidité, qu'elle concerne les biens matériels ou spirituels.
- Ne pas
donner prise à la colère.
- Ne pas
médire des Trois Trésors.
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Comme
le lotus -les racines dans la boue- se tourne vers le soleil , puissions
nous au-delà des passions nous tourner vers la Voie du Bouddha
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Cette cérémonie
s'appelle en japonais "Zaike tokudo", " cérémonie de ceux qui restent
à la maison, par opposition à l'ordination des moines et nonnes "Shuke
tokudo" ceux qui quittent la maison. C'est aussi " BosatsuKai" recevoir
les défenses du Bodhisattva, celui qui repousse l'entrée dans le Nirvana
afin de sauver tous les êtres. Dans les Temples Zen, on chante le matin
les Quatre Vœux du Bodhisattva:
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"Aussi
innombrables que soient les êtres vivants, je fais vœu de les sauver
tous,
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SHOU-JOO
MOU-HEN SEI-GAN-DOO
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Aussi
insatiables que soient les désirs,
je fais vœu de les éteindre tous,
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BON-NO
MOU-JIN SEI-GAN DAN
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Aussi
profonds que soient les enseignements du Dharma, je fais vœu de les
étudier tous,
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HO MON
MOU-RYOO SEI-GAN GAKU
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La Voie
du Bouddha est sans fin, je fais vœu de la suivre."
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BOUTSOU
DOO MOU-JOO SEI-GAN JOO
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POÈME
DE RYOKAN,
MOINE ZEN ET ERMITE:
Qu'il
est grand, l'habit de délivrance,
L'habit sans forme de la rizière bienheureuse.
Les Éveillés successifs l'ont transmis authentiquement.
Les patriarches, l'un après l'autre, l'ont personnellement transmis
et conservé.
Il n'est ni large ni étroit, ni de lin, ni de soie.
Ainsi seulement celui qui l'utilise respectueusement
Peut prétendre être l'enfant portant l'habit transmis de Cakyamouni
Bouddha.
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Sakyamuni Bouddha a transmis son Kasaya à MahaKyasapa lorsqu'il lui a
transmis son enseignement. Il fut ensuite transmis à tous les patriarches
en Inde jusqu'à Bodhidharma puis jusqu'au 6ème patriarche, Huineng.
Maître Dogen: " Ce qu'on appelle le Okesa, authentique est celui qui
a été transmis par Bodhidharma du Temple de Shorinji, Daïkan-zenji du
Mont Sokei et par d'autres successeurs légitimes et directs de Sakyamuni.
Pour cette transmission il n'y a jamais eu de rupture."
Tous les matins, dans les Temples Zen, on récite également le lignage
des patriarches et des maîtres chinois et japonais qui ont transmis fidèlement
l'Enseignement, jusqu'au Maître actuel. Ainsi, Maître Moriyama est le
87ème successeur du Bouddha. Aucun nom ne manque; ce lignage est très
important car il certifie l'authenticité de l'Enseignement, transmis de
Maître à disciple. Au cours de la cérémonie de remise du rakusu, le nouveau
disciple reçoit le KECHIMIYAKU ( littéralement: la ligne de sang ). C'est
un papier sur lequel est écrit ce lignage, et en bas, sous le nom du dernier
Maître est inscrit le nom bouddhiste du nouveau disciple. Le trait rouge,
la "ligne de sang" qui relie chaque nom signifie que cet enseignement
est toujours vivant; il n'appartient pas à une histoire, aux siècles passés,
mais chaque Maître à son tour, réactualise et personnifie le Bouddha et
son Enseignement. Pendant la cérémonie, le Maître est Le Bouddha Sakyamuni,
et tous les Maîtres, sans considération de temps ni d'espace. Le Kechimiyaku
a été plié de façon spéciale, il ne doit pas être ouvert, ni montré. Vous
devez le garder enveloppé, dans un endroit propre, et le brûler si vous
arrêtez la pratique.
Le Rakusu doit être soigneusement plié, et placé dans une pochette, ou
enveloppé d'un tissu propre, puis placé sur un autel, ou dans un endroit
propre, sans être mélangé à d'autres objets.
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"Les pensées
humaines ne s'arrêtent pas, car elles naissent et meurent à chaque instant;
le corps aussi ne s'arrête jamais, naît et disparaît à chaque instant.
Le Okesa
n'est pas création humaine, il n'est pas non plus non-création humaine;
il n'y a pas de lieu où il s'arrête, pas de lieu où il ne s'arrête pas,
et la Vérité absolue du Okesa sera connue uniquement par les Bouddhas.
Mais pour les disciples de la Voie, les mérites du Okesa ne manqueront
pas de se réaliser.( ... )
Dans ce
monde un Okesa s'actualise pour toujours. La réalité d'un moment est la
réalité de l'éternité. Maintenant nous avons l'opportunité splendide,
non seulement de voir et d'entendre le Dharma, mais encore de voir, étudier
et recevoir le Okesa.
Ceci
est comme voir Bouddha, écouter sa Voix. Ceci est l'unique transmission
de l'Esprit de Bouddha, et l'obtention de la moelle de Bouddha. "
DOGEN-SHOBOGENZO-KESA-KUDOKU
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"Oh! Puisse
mon habit de moine être assez large pour rassembler tous les êtres qui
souffrent dans ce monde impermanent..."
Maître Ryokan.
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